08/10/2008

vol ou pas vol ?

Certains industriels du secteur agro-alimentaire ont recours à différents procédés comme les changements d'emballage, la modification de recettes ou la diminution de la quantité des produits pour camoufler des "hausses de prix", selon une enquête du mensuel "60 millions de consommateurs"  paru ce jeudi. La technique la plus fréquente consiste à diminuer la quantité du produit contenu dans l'emballage, affirme "60 millions de consommateurs", dénonçant ainsi une "inflation masquée". Le magazine donne l'exemple du fromage blanc Jockey, de la marque Danone: vendu auparavant en pot de 1kg, il ne contient désormais plus que 850g.

Dans la même marque, les pots de crème dessert pèsent 125g en packs de quatre, mais seulement 115g lorsqu'on les achète par douze ou seize, selon l'article, qui cite aussi les paquets de gâteaux Prince de Lu, passés de 380g avant l'été à 300g aujourd'hui.

"La deuxième stratégie mise en oeuvre pour augmenter le prix en douce consiste à transformer l'emballage", poursuit le mensuel. Des chewings-gums vendus par Aldi sous la marque Feel Free, auparavant dans des paquets en cartons, sont maintenant emballés dans une boîte en plastique, leur prix au kilo étant passé de 13,75 à 20,73 €, constate le magazine, qui cite aussi des fabricants de sucre en poudre créant des emballages en plastique de 750g, ou l'huile d'olive Lesieur, conditionnée en bouteilles de 75cl, au lieu d'un litre.

La modification de la recette, en remplaçant certains ingrédients par d'autres, moins chers, est une autre méthode "pernicieuse" surtout utilisée dans les produits premiers prix ou "hard discount", accuse "60 millions de consommateurs".

Que l'on remette en cause le packaging, la dimension, la taille ou le poids d'une portion au moment où il y a une reformulation du produit, ce n'est absolument pas choquant", a-t-il ainsi déclaré sur France Inter. "La tromperie, ce serait de mettre exactement la même recette, le même produit, dans un emballage plus petit que l'emballage précédent et de le vendre au même prix", a-t-il affirmé, ajoutant que "ce n'est pas le cas".

"Il est normal qu'on rénove des produits" pour apporter "des valeurs ajoutées", a précisé M. Buisson, reprenant l'exemple de Jockey, "un produit qui a été complètement transformé", ou celui des gâteaux de Lu, la marque proposant selon lui "un produit 28% moins calorique que le précédent, donc moins gras".

En France, "nous n'avons aucun problème de composition de produit ou de fraude, parce que nous avons des systèmes de contrôle très élaborés", a-t-il souligné.

"Ce ne sont pas des pratiques nouvelles", a réagi de son côté le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, Luc Chatel, tout en insistant sur la nécessité de donner aux consommateurs "les moyens de comparer, de faire leur choix librement et en toute transparence", à l'aide par exemple des "prix au kilo" et "au litre".

M. Chatel, interrogé sur France Info, a dit travailler actuellement à une directive européenne destinée à faire inscrire sur les étiquettes des produits alimentaires "des détails d'ingrédients, d'aspects nutritionnels qui ne figurent pas aujourd'hui".

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